| Bien antérieure à la Conquête, la
plus populaire de toutes les danses mexicaines est la
danse des Voladores, d'origine Totonaque (danse des "Hommes-Oiseaux" ou danse des "Hommes-Volants").
Originaire de la région de Véracruz et notamment de Papantla, "capitale" Totonaque, les Voladores exécutent un rituel ancien, sorte de chorégraphie aérienne le long d'un mât.
Ils sont vêtus de costumes traditionnels richement ornés : pantalon rouge brodé, chemise blanche, coiffe conique cousue de miroirs et de rubans.
Au Festival de l'Identité, on a pu assister à plusieurs démonstrations avec un ancien mât en bois et un mât "moderne".
Se jetant du sommet
d'une perche de quelque 30 mètres de haut, quatre
hardis jeunes hommes pendus par un pied évoluent
autour du mât en décrivant des cercles de plus
en plus larges à mesure que leur corde se déroule.
Ces quatre danseurs perchés aux quatre extrémités du mât, symbole des quatre points cardinaux, évoquent le ciel, la terre,
le feu et l'eau. Juché sur une minuscule plateforme
de 40 cm de côté, le 5ème danseur,
debout, arc-bouté vers le ciel, lance les notes
aigrelettes de sa flûte vers Chichini, le dieu du
soleil, tout en jouant du tambourin, musique dédiée aux quatre points cardinaux. Lorsqu'il s'arrête,
les Voladores attachés par les pieds s'élancent
têtes en bas et les mains tournées vers le ciel. Tandis que les miroirs cousus dans
leurs chapeaux accrochent les rayons du soleil, ils effectueront
chacun 13 tours autour du poteau, soit au total 52, en
référence à l'année solaire (4 danseurs x 13 = 52).
Chaque acrobate accomplit de la sorte treize révolutions.
Les cinquante-deux figures ainsi exécutées symbolisent
le nombre d'années que comptait le siècle aztèque.
Le vol de ces quatre danseurs symbolise les âmes des guerriers
morts qui, au milieu de la journée, lorsque le soleil est
au zénith, reviennent sur terre, transformées pour
un instant en oiseaux. Leur vol synchrone symbolise l’unité
de l’humanité et du cosmos.
Ce rituel ancestral, qui était sans doute dédié à la fertilité, au soleil et au vent, est devenu une attraction touristique à travers le Mexique. Devant le Musée d'Anthropologie de México, un mât permanent permet des démonstrations quotidiennes de Voladores.


Extrait du site de l'Unesco :
La cérémonie rituelle des Voladores
Inscrit en 2010 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
La cérémonie rituelle des Voladores (« hommes volants ») est une danse de fertilité exécutée par plusieurs groupes ethniques au Mexique et en Amérique centrale, en particulier le peuple Totonaque dans l’État oriental de Veracruz, pour exprimer leur respect et leur harmonie avec la nature et le monde spirituel. Au cours de la cérémonie, quatre jeunes hommes escaladent un tronc d’arbre de dix-huit à quarante mètres de haut, fraîchement coupé dans la forêt avec le pardon du dieu de la montagne. Un cinquième homme, le Caporal, se tient sur la plate-forme qui surplombe le poteau et de sa flûte et son tambour joue des airs en l’honneur du soleil, des quatre vents et de chacune des directions cardinales. Après cette invocation, les autres se jettent « dans le vide » depuis la plate-forme. Attachés à la plate-forme par de longues cordes, ils tournoient tandis que la corde se déroule, imitant le vol d’un oiseau et descendant progressivement jusqu’au sol. Chaque variante de la danse étant un moyen de faire revivre le mythe de la naissance de l’univers, la cérémonie rituelle des Voladores exprime la vision du monde et les valeurs de la communauté, facilite la communication avec les dieux et constitue un appel à la prospérité. Pour les danseurs et les nombreuses autres personnes qui participent à la spiritualité du rite en tant qu’observateurs, elle suscite un sentiment de fierté et de respect du patrimoine culturel de sa propre identité. Voir les photos et la vidéo sur le site de l'Unesco.

 
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