Fiestas et Ferias au MexiqueDe tout temps, les Mexicains ont porté un grand intérêt aux fêtes commémoratives. Bien avant Colomb, elles se succédaient quasi sans trêve. Au programme : processions, chants et danses. A notre époque, fêtes laïques et religieuses, festivités purement locales, sont autant d'occasions pour cet événement particulier au Mexique : la fiesta. Qu'elles soient pour la plupart d'origine religieuse ne signifie pas que la dévotion y tienne la place principale. Plus nombreuses au Mexique que partout ailleurs en Amérique Latine, il y en a toujours au moins une quelque part et n'importe quand. Chaque région a développé son histoire et ses
coutumes en fonction des influences naturelles et culturelles Les
mexicains ont un sens développé de l’art ancestral. Les arts traditionnels et l’artisanat
tel que la poterie, l’orfèvrerie, le travail du bois
et des masques sont issus de l’héritage précolombien.Photo de gauche : ballet Amalia Hernandez à Mexico L'organisation de la fête annuelle du Patron de la ville incombe aux confréries religieuses appelées mayordomas, dont la création remonte au début de l'ère coloniale. C'est un grand honneur d'en être membre car préparer une fiesta occupe toute une partie de la vie de la communauté ; cette activité requiert la collaboration de tous. La fiesta dure habituellement un ou deux jours mais si le renom du saint est grand, elle peut s'étendre sur une semaine, voire même davantage et comporter d'autres réjouissances : courses de taureaux, combats de coqs, expositions commerciales et agricoles. Elle prendra des allures différentes en fonction des régions ; dans le Michoacán, elle résonnera au son du zapateo (claquement de pieds) du baile de los Viejitos (danses des petits vieux) ; dans le Yucatán, elle est au rythme des vaquerias (danse des vachères). Cette fiesta prolongée prend alors le nom de feria, ou foire.
La Guadalupe La saison de Noël![]() Peu après la fête de Guadelupe vient la saison de Noël : mélange de coutumes transplantées d'Espagne lors de la période coloniale — et d'usages importés des Etats-Unis. Il semble qu'avant la conquête aucune solennité ne marquait le solstice d'hiver (il n'y a pas de véritable saison d'hiver). Les Mexicains ont une manière confuse de comprendre et célébrer la Nativité. Sous l'arbre de Noël, on dispose une crèche, le nacimiento. Mais la posada n'est plus qu'un lieu où l'on va boire et s'amuser. Cette coutume remonte aux débuts de la colonisation. Les missionnaires cherchaient à dramatiser la fête de Noël dans l'esprit de leurs néophytes. Photo de gauche : les piñatas en papier maché à Chilpancingo Les neuf jours de posadas (auberges) commencent le 16 décembre et commémorent les aventures de Marie et Joseph en quête d'un logement à Bethléem. La posada traditionnelle débute par une procession. La moitié des invités, portant des cierges allumés et un plateau aux images de la Ste Famille, tourne autour de la maison, puis s'arrête devant la porte et chante la première strophe de la litanie, dite de la posada, implorant un gîte où s'abriter. L'autre moitié oppose un refus. Le dialogue se poursuit sur plusieurs strophes jusqu'au moment où les premiers dévoilent leur identité. La partie religieuse de la soirée est terminée; la fête commence : des cruches peintes, les piñatas, remplies de friandises, volent en éclats, le punch de rhum chaud, mêlé de fruits, arrose la traditionnelle salade de Noël et les autres éléments du festin. Vision humoristique de la mort
Photo
de droite : autel de la fête des morts à Mexico
Photos ci-dessus et à droite : fête des morts dans différents
Les fêtes indigènes dédiées aux mortsInscrit en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Telle qu’il est pratiqué par les communautés indigènes du Mexique, el Día de los Muertos (jour des morts) célèbre le retour transitoire sur terre des parents et des êtres chers décédés. Les festivités ont lieu chaque année, entre fin octobre et début novembre, période qui marque la fin du cycle annuel de la culture du maïs, la principale culture vivrière du pays. Pour faciliter le retour des esprits sur la terre, les familles parsèment de pétales de fleurs, de bougies et d’offrandes, le chemin qui mène de la maison au cimetière. Les plats préférés du défunt sont préparés et disposés autour de l’hôtel familial et de la tombe, au milieu de fleurs et de divers objets d’artisanat typiques comme les silhouettes en papier. Le plus grand soin est apporté à tous les aspects des préparatifs car dans l’imaginaire populaire, un mort peut attirer la prospérité (par exemple, une bonne récolte de maïs) ou le malheur (maladie, accident, difficultés financières etc.) sur sa famille selon le sérieux avec lequel les rituels sont accomplis. Les morts sont répartis en plusieurs catégories en fonction de la cause du décès, de l’âge, du sexe et, dans certains cas, de la profession. Un jour de culte est attribué à chacune de ces catégories. Cette rencontre entre les vivants et les morts est une affirmation du rôle de l’individu dans la société. Elle contribue en outre à renforcer le statut politique et social des communautés indigènes du Mexique. Extrait du site de l'Unesco. Voir le diaporama et la vidéeo sur le site. Autres fêtes célèbresChaque année, Oaxaca est le théâtre d'une grande fête où de
nouveau se distinguent des traditions préhispaniques mêlées
à des manifestations chrétiennes. C'est la Guelaguetza,
célébrée jadis en l’honneur de Centeotl
dieu du maïs, et muée à présent en fiesta
sous le vocable de Notre-Dame du Mont Carmel. Les festivités
qui commencent le lundi suivant le 16 juillet se déroulent
sur la montagne de la Lune à Oaxaca.
Soucieux de sauvegarder cette coutume indienne, les autorités
ont organisé un vaste concours de chants et de danses. La Guelaguetza rassemble
maintenant des tribus venant de plusieurs Etats. Hommes, femmes,
enfants dans leurs habits de fête forment une foule merveilleusement
colorée.
Photo de droite : carnaval à San Juan Chamula
Photo ci-dessus : carnaval de Cozumel
Photo
ci-dessus : détente des musiciens avant la fièvre
du samedi soir à Guanajuato (El Bajio)
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