| Cette
région est dénommée la porte centrale
Ainsi nomme-t-on la région délimitée
par deux voies d'accès partant de la frontière nord
et pénétrant profondémment, par des trajets
convergents, au coeur du Mexique. Il s'agit, à
l'ouest, de l'autoroute 45 puis 49, qui prend le départ à
Ciudad Juárez et aboutit à Aguascalientes,
à 1 350 km au sud en passant par Zacatecas;
et de l'autoroute 85 puis 57, couvrant 890 km entre Piedras Negras,
au nord-est, et San Luis Potosi,
au sud. Certaines portions sont encore de la route et non de l'autoroute.
Entre les deux terminus, il n'y a que 170 km, aisément franchis
par la Route 70.
L'état de Chihuahua occupe une bonne partie
de la région ainsi déterminée. C'est sur son
territoire que l'on se trouve sitôt après avoir franchi
la frontière du Texas, en passant d'El Paso à Ciudad
Juárez. Il offre un paysage contrasté, avec ses étendues
de brousse très semblables à celle de l'ouest texan,
et les fières montagnes des Sierras vouées au pin ponderosa.
Entre Ciudad Juárez et Chihuahua, se trouve un site archéologique
intéressant, à 7 km au sud-ouest de Nuevo Casas
Grandes, sur une route secondaire qui part de l'autoroute 45.
Les ruines de Casas Grandes rappellent les habitants des pueblos d'Arizona et du Nouveau Mexique et furent problablement
inhabitées jusqu'au XVIè siècle.
La culture Paquimé connut son apogée
entre 900 et 1300 après J.-C. Le site archéologique
de Paquimé s'étend sur 36 ha, dont
un cinquième environ a été dégagé
à l'heure actuelle. Selon des estimations, le secteur comporterait
les vestiges d'au moins 2 000 pièces. Celles-ci se répartissent
en salles à manger, ateliers et magasins dotés de
patios. Le matériau le plus largement employé est
l'argile crue, mais on trouve également de la pierre, utilisée
notamment pour tapisser des fosses, selon une technique très
probablement importée du centre du Mexique.
La maison des Fours est caractéristique de ce type de construction.
Ce bâtiment, qui fait partie d'un grand ensemble composé
de neuf pièces et de deux petites places, comporte une pièce
et quatre fosses tapissées de pierres. Non loin se trouve
un tertre de roches cuites. On pense que les fosses auraient servi
à la cuisson d'agaves sur des pierres brûlantes, par
la suite entassées au rebut à proximité.
La
maison du Serpent comportait initialement deux places, trois couloirs
et vingt-quatre pièces sur un seul niveau, ainsi que quatre
pièces disposées sur deux étages ; elle fût
par la suite aggrandie. Elle était adaptée, semble-t-il
dès l'origine, à l'élevage d'aras et de dindes. Une organisation analogue se retrouve dans la maison
des Aras, ainsi nommée en raison des quelques 122
squelettes de perroquets retrouvés dans son sous-sol.
Non loin de la maison des Fours s'élève ce que l'on
appelle le tertre de la Croix. Il s'agit en fait de cinq tertres
peu élevés, habillés de pierre et remplis de
terre. Le tertre central a la forme d'une croix irrégulière.
Ses bras correspondent plus ou moins aux quatre points cardinaux,
raison pour laquelle on pense qu'il jouait un rôle lors des
célébrations des équinoxes et des solstices.

Le rôle du tertre dit des Offrandes reste plus obscur. Cette
structure à plusieurs niveaux est constituée de gravats
tassés, d'une enceinte en argile crue et d'une rampe menant
à une citerne. La partie centrale abrite sept pièces
qui renferment des pierres d'autel, des statues et des sépultures.
Le tertre de l'Oiseau est ainsi appelé en raison de sa silhouette
évoquant un oiseau sans tête. Les sondages n'ont révélé
aucune structure à l'intérieur.
L'agglomération de Paquimé bénéficiait
d'un système sophistiqué de contrôle, de distribution
et de conservation des réserves d'eau. Plusieurs réservoirs
étaient reliés par des canaux qui amenaient l'eau
à chaque groupe de pièces. À l'entrée
de chaque réservoir, l'eau était décantée
dans des bassins de sédimentation. La maison des Puits doit
son nom à la grande citerne située dans l'une de ses
cours et alimentée par le réseau de canaux communs.
Deux terrains de jeux de balle de forme allongée, tels qu'on
en trouve beaucoup en Méso-Amérique, ont été
mis au jour. L'un d'eux est pratiquement intact. Sur trois côtés,
il présente des structures elles aussi caractéristiques
des civilisations du centre du Mexique à
la fin de la période classique et au début de la période
postclassique.
Sur place, visiter le Musée des Cultures du Nord (entrée $49 avec le site archéologique) qui retrace
la vie des anciennes populations de cette région, avec de
belles céramiques, aux dessins géométriques
noir et rouge sur fond crème, caractéristiques de
Paquimé. Cette zone archéologique fait partie du patrimoine
mondial de l'humanité depuis 1998.
Plan du site : 
Extrait du site de l'Unesco :
"Paquimé, Casas Grandes, qui atteignit son apogée
aux XIVe et XVe siècles, joua un rôle essentiel dans
les relations commerciales et culturelles qu'entretenaient la culture
« pueblo » du sud-ouest des États-Unis
et du nord du Mexique et les civilisations plus
avancées d'Amérique centrale. Les nombreux vestiges,
qui n'ont été que partiellement dégagés,
témoignent de la vigueur d'une culture parfaitement adaptée
à son environnement physique et économique et qui
devait pourtant disparaître brutalement au moment de la conquête
espagnole. Cliquez ICI pour accès sur le site de l'Unesco.
 L'état de Chihuahua, frontalier avec celui de Sonora à l'ouest, et les états du Nouveau Mexique et du Texas
au nord, offre 375 km de plaine désertique couverte de cactus
et de mesquite, jusqu'à ce que l'autoroute atteigne le bord
des montagnes aux alentours de Chihuahua et des Gorges
du Cuivre (Barranca del Cobre).
Le Chihuahua serait une terre aride et calcinée, s'il ne
possédait une portion occidentale et montagneuse qui suffit
à en faire le plus gros fournisseur de bois du Mexique.
Là, des mines, des ranchs, des sources minérales chaudes,
et des lacs où abonde la perche noire.
Le Chihuahua-Pacific-Railway cherche son chemin à travers les Sierras pour rallier la
Mer de Cortès, sur la côte pacifique. On est en plein
pays indien. Les Tarahumaras vivent encore dans des cavernes (pour quelques-uns d'entre eux),
vêtus de chemises de laine aux couleurs vives. S'ils appartiennent
au Mexique, ils n'appartiennent pas encore à
notre époque. Au Chihuahua fait suite, au sud, l'état
de Durango, presque entièrement montagneux, riche de paysages
en technicolor. Onze rivières, prenant leur source dans les
hauteurs, dévalent vers la mer, c'est-à-dire vers
le Pacifique, à l'exception de deux d'entre elles qui, dans
la direction opposée, vont se jeter dans le Golfe du Mexique.
A l'est, le Durango a pour voisin le Zacatecas,
autre région de montagnes où plusieurs sommets dépassent
les 3 000 mètres. Quelque part dans les profondeurs court
l'anneau de feu du Mexique - l'activité
volcanique souterraine qui, eu peu partout, entretient la chaleur
des sources thermales. Au sud et au sud-est du Zacatecas,
des villes d'eau que les visiteurs de Guadalajara et de Mexico ont trop tendance à
négliger.
De même qu'ils négligent trop souvent l'un des plus
petis états du Mexique : l'Aguascalientes,
au nord-ouest de Guanajuato, sur la grande-route d'El Paso, pourtant
réputé pour ses vergers, ses vignobles, ses ranchs spécialisés dans l'élevage des taureaux de
combat. Capitale de l'état, et sa seule ville, Aguascalientes fût, pendant des sièces, un avant-poste de la civilisation
espagnole en territoire indien; c'est aujourd'hui une agglomération
somnolente, qui se réveille deux fois l'an pour les deux fiestas les plus endiablées du Mexique.
San Luis Potosi, au nord-est,
offre avec la ville précédente le contraste le plus
frappant. La cité est la capitale de l'état du même
nom, un des plus vastes du Mexique. C'est un centre
industriel actif; jadis, c'est de là que les Espagnols contrôlaient
les vastes territoires qui s'étendaient, à travers
le Texas, jusqu'à la Louisiane française. On se reposera
avec plaisir dans cette oasis où les bons hôtels ne
manquent pas. Si les environs de la capitale appartiennent au désert,
la végétation luxuriante reprend ses droits dans d'autres
secteurs de l'état, notamment autour des chutes d'El Salto,
aire de détente très fréquentée.
Un
peu d'histoire
Au pays de Pancho Villa
Durant les jours troublés de la révolution mexicaine,
au début du siècle, les provinces du nord furent le
domaine de Pancho Villa.
Aujourd'hui son nom reste attaché à l'état
de Chihuahua, où son souvenir est encore présent en
divers lieux. Pancho Villa est un de ces héros dont la double
personnalité inspire à ses compatriotes autant de
fierté que de réserve. S'étant affirmé
comme l'un des grands généraux révolutionnaires,
il fit de son armée - la Division du Nord - un instrument
de première force, dont il prit la tête pour balayer
toute opposition depuis la frontière américaine jusqu'à Mexico, contribuant ainsi, au premier
chef, à extirper la dictature du Mexique.
Une partie du financement de cette armée du nord avait été
assuré (bien à regret) par une banque américaine
de la frontière; les pistolets de Pancho y ayant vaincu toutes
les réticences. D'où la réputation de bandit
qui s'y attacha dès le début aux pas du personnage
historique.
Cet argent, sans doute, était nécessaire, et il aida
Pancho Villa dans ses opérations militaires; mais le Mexique en rougit encore. Si le général Villa s'est taillé
une place dans l'histoire de son pays, il n'a pas une rue à
son nom dans la capitale. Les autorités, tout de même,
ont trouvé un compromis pour rendre au héros national
un hommage détourné : elles ont baptisé Division
del Norte l'une des grandes avenues qui traverse le sud de
Mexico, et fait ériger, au croisement de cette artère
avec l'avenida Universidad, une statue équestre
de Pancho Villa.
La
ville de Chihuahua reçut sa première pierre en 1709,
un siècle avant que la guerre d'Indépendance ne mît
un terme à la domination espagnole. C'est le centre actif
et vivant d'un vaste district minier, fermier et forestier, dont
l'ouest est barré par la masse imposante de la Sierra Madre,
refuge des Indiens
tarahumaras. Avec la cathédrale de Chihuahua, on a un
bon exemple d'architecture coloniale. Elle fut commencée
en 1724, mais les raids incessants des Indiens retardèrent
son achèvement jusqu'en 1826. C'est à Chihuahua que
le père Miguel
Hidalgo, l'initiateur de la guerre d'Indépendance, tomba
aux mains des forces espagnoles et fut exécuté en
1811. Le bâtiment qui lui servit de prison abrite aujourd'hui
les bureaux du gouvernement fédéral (Palacio Federal),
celui dans lequel il mourut étant devenu le Capitole de l'état
(Palacio de Gobernio). L'église San Francisco est
l'oeuvre de moines franciscains; la construction démarra
en 1721 et fut menée tambour battant pendant vingt ans. Des
passages souterrains reliaient l'église et la cathédrale.
Un
peu de géographie
La superficie de l'état est de 247 087 km2,
soit un peu plus de la moitié de la France. La température
la plus basse et la plus haute est respectivement de -4°C et
de +39°C à une altitude de 1440 m pour la capitale Chihuahua.
La distance en km de Chihuahua avec les principales villes du nord
est de :
| Mexico |
1 445 |
Saltillo |
733 |
| Monterrey |
818 |
Leon |
1 097 |
| Guadalajara |
1 160 |
Guanajuato |
1 143 |
| Tijuana |
1 570 |
Jalapa |
1 854 |
| Torréon |
455 |
|
|
C'est une région semie-aride avec de nombreux
cours d'eau comme la rivière Chuviscar, Sacramento et le
réservoir Chuviscar.
Plan de l'état : 
Capitale
: Chihuahua
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